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Marno János: Fő a medúza

Marno  János portréja

Fő a medúza (Magyar)

(árnyékelemzés)

A lámpa kialszik, arcod megduzzad,
mint a medúza, melyet visszadobtak
hullámsírjába. Vége Nárciszodnak.
Zokogj csak. Teste mint szétázott madzag
a szélben, mely nem fúj éppen, sőt jelét
sem mutatja rohamos feltámadásnak,
sem egyéb másnak, ami egy írásjel
mögött ott derenghetne. Térded dagad
csak úgy még, mint fentebb az arcod, szádra
mocskos szavak tolulnak, aszfalt-
szürkére fakítva héjára fonnyadt
ajkadat. Mi haszna baszni, mondjuk, ha
nincs akiért megvesznél közben.
Szaporodni, mint a szavak, kitöltve
századik keretét a kertnek, majd lámpát
gyújtani azért csak, hogy árnyékot vess
az összedúlt veteményesre. Tovább
ugrasztani magadból a nyulat. Nár-
ciszt az árnyéka fölé hajlítani:
hogy szemre már milyen kialvatlan vagy!
Ő pedig néz csak… a nyála kicsorran…
mintha élvezne… felszívódni abban…



FeltöltőBakó Mariann
Kiadó P'Art Könyvek
Az idézet forrásaNárcisz készül
Megjelenés ideje

Le principal est la méduse (Francia)

(analyse d'ombres)

La lampe s'éteint, ta face se bouffit, telle
la méduse rejetée dans les abysses
une fois morte. Adieu Narcisse.
Sanglote, va. Son corps, telle une ficelle
détrempée au vent sans souffle du coup, n'affiche
ni signe de retour rapide à la vie
ni autre chose derrière un signe graphique*
pouvant s'y faire jour. Tes genoux rien qu'ainsi,
tels ta susdite face, encore grossissent.
Ta bouche ordurière* en un asphaltique gris
fait déteindre tes lèvres sur sa peau flétries.
Disons, s'il n'est personne après qui enrager*
tout en baisant, baiser* n'a pas plus d'objet
que se multiplier, tels les mots, en comblant
le centième cadre du clos et puis la lampe,
l'allumer rien que pour projeter une ombre
sur ce lieu effondré, que point n'interrompre 
hors de toi les sauts du lapin, qu'avoir Nar-
cisse* sur son ombre à courber en arc:
la fatigue – et comment! – se juge à tes traits hâves*!
Or, ça, rien qu'à le voir, elle*... en bavait, à croire...
qu'elle était à jouir... absorbée en sa bave*...


*LE PRINCIPAL EST LA MÉDUSE: ou encore si réaliste est cette alternative:
LA MÉDUSE BOUT.
À noter que le présent poème clôt un cycle d'une cinquantaine de poèmes en
son temps remarqué
pour sa valeur par un Eszterházi Péter enthousiaste.
*signe graphique: littéralement, signe de ponctuation.
*bouche ordurière: soit bouche qui prononce des paroles ordurières,
périphrase traduisant l'idée
des gros mots [qui] affluent à ta bouche.
*après qui enrager : outre le sens figuré d'enrager après [une femme],
d'être enragé(e) [pour elle],
commun à megvész et ici à megvesz, ce dernier peut en l'occurrence aussi
signifier soit acheter [arroser, corrompre], dès lors la personne absente serait
quelqu'être vénal (ceci pour vilipender l'adultère)
soit périr; et ce, avec l'idée que, juste pour les beaux yeux de cet idéal féminin-
là, s'il le fallait, l'aimant sacrifierait jusqu'à sa vie!
*baiser: terme français venu du latin basiare comme aussi
le très vulgaire hongrois baszik?
*Nar-/cisse : un terme français pour deux hongrois,
obtenus suite à un intraduisible jeu de mots
dont un enjambement est l'origine: celui de la seconde syllabe dudit prénom, du czist
dans Nár- czis+ désinence accusative « t », lequel ciszt, métamorphosé en czist(a),
kyste, à l'entame duverssuivant,soulignel'importancedecette tumeur cancéreuse
venantde ou allant sans doute être fatale à Narcisse, devenu Nar -, ainsi non épargné
non plus par le scalpel du poète, puisque en littérature le héros peut aussi être victime
d'une apocope (retranchement d'une syllabe à son prénom) mortelle.
Toute la subtilité de Jean Marno ici réside donc dans l'art d'un raccourci incroyable
– l'emploi d'un seul trait d'union aussi foudroyant qu'une rupture d'anévrisme –
évoquant le tout de façon indicible, histoire de tirer sa révérence dans un poème
sonnant comme un dernier adieu fait par le père spirituel à son Narcisse chéri, qu'il sait
tenu par une certaine communauté des destins à partir en même temps que lui, l'auteur,
qui en est l'incarnation, étant confondu justement avec son personnage.
*hâves: pâles, maigres et défigurés enparlantdes visages. Etdegens amaigris et pâlis parla faim,
la fatigue, la souffrance.
*elle: ou il? Du point de vue de la langue, rien ne peut exclure le second cas de figure (thèse
d'un homme), en tout cas pas en théorie, le Ő hongrois étant épicène (ἐπίκοινοςcommun
aux deux sexes), à savoir un pronom personnel de la même forme aux deux genres).
Mêmesi, dans l'esprit de Jean Marno, c'est sûr qu'il ne peut s'agir que d'une femme,
aussi est-ce au premier pronom (elle) que la traduction accorde la préférence.
*absorbée en sa bave: en sa propre salive, le dedans (abban) hongrois étant ainsi ici, à tort
ou à raison, explicité par la traduction qui lève une part du mystère
malgré le flou, comme l'indiquent et la note précédente et l'ambivalence
du titre sans doute un peu énigmatique, tout ce flou, du début à la fin,
intentionnel de la part du poète.



FeltöltőJakus Laura 1.
Az idézet forrásasaját mű

minimap